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Asiatica Musée d’art oriental de Biarritz
Olivier Larrègle
Depuis 1999, la ville de Biarritz accueille sur son sol la deuxième collection d’art asiatique d’Europe après celle du Musée Guimet de Paris. Cette collection privée, l’une des plus importantes au monde, est présentée au public dans le musée Asiatica. Michel Postel, son fondateur, a reçu la revue Acropolis pour un entretien.

Le Biarrot Michel Postel quitte la France à la fin des années quarante, un diplôme d’école de commerce fraîchement acquis, pour vivre en Inde, à Bombay. Au sein de ce continent qui le fascine et l’attire depuis toujours, il souhaite réaliser son rêve : conjuguer sa vie d’homme industriel avec son amour de l’art asiatique et son attirance pour l’Inde. Après cinquante années d’efforts soutenus, son rêve de jeunesse est vivant avec l’implantation du laboratoire pharmaceutique Franco-Indian-Pharmatical et la création au sein du laboratoire en 1978 du département d’investigation culturelle sur l’art asiatique. Aujourd’hui, l’œuvre indienne de Michel Postel est pérennisée par la mise en place d’une équipe de chercheurs, d’érudits et d’industriels qui peut lui succéder en toute quiétude.

 

 

Le défi d’un musée privé

 

À l’âge de 74 ans, enrichi de ces cinquante années d’expériences indiennes, Michel Postel ne se satisfait pas de cette réussite. En 1999, aidé de son épouse madame Zhu Xintian (1) il se lance un nouveau défi issu d’une aspiration lointaine longuement mûrie : offrir à Biarritz, sa ville natale, un musée digne de son aura internationale.

Sans soutien particulier, sur ses fonds propres, il réussira à ériger, pour la joie des amateurs comme des spécialistes, le Musée d’art oriental Asiatica. À ce jour le musée Asiatica présente l’une des plus grandes collections privées d’art asiatique au monde avec près d’un millier de pièces. Mais Asiatica est aussi un centre culturel qui offre sans cesse des activités publiques les plus variées : expositions photo, découvertes artisanales, ateliers pédagogiques, conférences… Ainsi, à l’occasion du quarantième anniversaire de la reprise des relations entre la Chine et la France, le musée, par l’intermédiaire de sa conservatrice madame Zhu Xintian, a présenté une exposition sur le thème des arts picturaux en Chine. La calligraphie fut mise à l’honneur avec la présentation de très belles pièces de la collection privée de madame Zhu Xintian ainsi que la peinture et d’autres arts mineurs comme les fameux papiers découpés chinois et la peinture tissée sur soie.

 

 

Pénétrer le sens de la culture

             

L’idée et la création du musée Asiatica ne doivent rien au hasard mais sont le fruit d’une construction intérieure qui prend racine au sein du continent indien ajoutée à plusieurs années de recherche dans les différents domaines de l’archéologie, de l’histoire, de l’iconographie et du symbolisme asiatique. À ce propos, Michel Postel nous dit : «J’ai d’abord visité tous les monuments indiens. Puis j’ai étudié cet art avant de fonder, au sein de ma société, une section culturelle qui a permis de structurer mon action, de recruter un conservateur, de faire des recherches, de publier des ouvrages (2). »

Le visiteur qui pénètre au musée est accueilli par une distribution d’objets et de pièces groupés selon quatre régions géographiques sur deux étages (voir encadré : petite visite guidée du musée Asiatica).

La visite du musée est rendue conviviale et pédagogique grâce à des fiches explicatives en plusieurs langues que l’on peut consulter à tout instant autour de table mise à notre disposition. Des audio guides riches en explications sont également proposés à l’accueil pour les visiteurs désireux de mener une visite approfondie.

 

Comme l’a exprimé son Excellence Kanwal Sibal, ambassadeur de l’Inde en France, lors de l’inauguration du musée le 5 mars 1999, «se rendre au musée Asiatica, c’est pénétrer le sens de différentes cultures et traditions qui ne peuvent que nous enrichir et nous offrir une meilleure compréhension de nous-mêmes et du monde afin que chacun puisse vivre dans une plus grande harmonie.»

 

 

 

 

Petite visite guidée du musée Asiatica

 

L’Inde

 

Au sous-sol sont exposés des objets de différentes provinces de l’Inde sur une période allant de deux mille ans avant notre ère au XVIIe siècle après J.-C.. À noter une exposition de statues en bronze d’une qualité rare allant du XIe au XVIIe siècle. Michel Postel, un amoureux des boucles d’oreille indienne, présente au visiteur une collection insolite. Celle-ci côtoie, pour le charme des visiteurs, une présentation de bijoux en or indien que vous pouvez retrouver dans un ouvrage intitulé Ear Ornaments of Ancient India. Notre visite de la civilisation indienne se poursuit au rez-de-chaussée avec l’Inde du nord et une collection de statues masques (mohra) de l’Himachal Pradesh. N’ayons pas peur des mots, cette collection est unique au monde.Vous trouverez également une salle consacrée à l’artisanat, aux textiles et aux miniatures indiennes.

 

 

Le Tibet

 

La section consacrée au Tibet est particulièrement riche. Nous retrouvons bien entendu les peintures tibétaines (thangkas) qui représentent les divinités du bouddhisme tibétain, certaines datant du XVIe siècle. Nous admirerons également des mandalas tibétains (3) d’une qualité exceptionnelle.

Parmi les objets rituels, il faut mentionner un diadème d’oracle en métal doré incrusté de pierres semi-précieuses. Dans la même vitrine, est exposé un tablier noir d’exorciste, au milieu duquel est représenté une divinité farouche. Parmi les statues, enfin, on remarquera celle de Vajradhara (XVIIe siècle) enlacé avec la déesse Prajna en bronze doré avec des pierres incrustées.

 

 

Le Népal-Himalaya

 

Au sein de la collection exposée au rez-de-chaussée, se trouvent des pièces représentant la particularité de la civilisation newâr de la vallée de Katmandu qui illustre la coexistence, durant plusieurs siècles, entre le bouddhisme et l’hindouisme.

Plusieurs statues sont présentées et notamment celle de Padmapani du XIVe siècle, bodhisattva de la compassion très populaire parmi les Bouddhistes de la vallée de Katmandu. Est également exposé un magnifique bronze doré du dieu de la lune, Chandra, du XVIIe siècle, adoré aussi bien par les Hindous que les Bouddhistes. Sont à ne pas manquer de magnifiques objets rituels, notamment une jarre en terre cuite représentant le visage de Bhairava, une forme terrible de Shiva. Nous trouverons enfin un temple miniature à toits superposés qui initie le visiteur à l’architecture newâr de la vallée de Katmandu.

 

 

La Chine

 

Les jades, les ivoires et les porcelaines constituent l’essentiel des œuvres chinoises. Les jades préhistoriques présentant des animaux stylisés et les jades plus récents révèlent la grande finesse d’exécution des artistes et artisans chinois de l’époque Ming (XIVe - XVIIe siècle).

 

Musée d’art asiatique Asiatica, 1 rue Guy Petit, 64 200 Biarritz.
Horaires d’ouverture : Lundi au Vendredi 10h30-18h30 - Samedi et Dimanche 14h-19h
Tarifs d’entrée :

Individuels

Enfants (8/12 ans) : 2,50 € Jeunes (13/25 ans) : 3 € Adultes (+ de 26 ans) : 7 €
Groupes à partir de 10 personnes.
Enfants (8/12 ans) :
1,50 € Jeunes (13/25 ans) : 2 € Adultes (+ de 26 ans) : 5 €

Téléphone pour réserver : 05 59 22 78 79
Visites de groupes et Visites guidées sur rendez vous.

www.museeasiatica.com

 

 

(1) Mme Zhu Xintian (docteur d’État en histoire et archéologie d’Extrême-Orient.

(2) M. Postel est le fondateur du Project for Indian Cultural Studies dirigé à l’heure actuelle par M. Mankodi (historien et philologue) et avec lequel il a publié en collaboration avec M. Neven plusieurs ouvrages dans le domaine de l’histoire de l’art, devenus des ouvrages de référence (tel Antiquities of Himachal Pradesh en 1985).

(3) Mandala : iconographie cosmogonique (représentation du monde) qui sert de support de méditation dans les monastères tibétains.

© Droits réservés à Nouvelle Acropole. Article parut dans la revue Acropolis édité par Nouvelle Acropole.