Editorial de la revue Acropolis
par Fernand Schwarz

Revue N°194


 
L'art de mieux vivre ensemble : les sources égyptiennes

«C’est le cœur-conscience qui fait que son possesseur écoute ou n’écoute pas. Si l’acte d’écouter sans cesse pénètre celui qui écoute, celui qui écoute devient celui qui entend. Quand
l’écoute est bonne, la parole est bonne. Celui qui sait écouter acquiert la maîtrise de ce qui est lumineux et utile. Écouter est profitable à celui qui écoute, écouter est meilleur que tout.»
Ptah hotep, vers 2500 av. J.-C.

Le plus vieux livre du monde est égyptien. C’est ainsi qu’a été nommé le recueil de sagesse de l’éminent vizir égyptien de l’époque des pyramides, Ptah hotep. Ses conseils s’adressent à tous ceux qui veulent développer l’art de bien vivre avec autrui et apprendre comment établir d’excellentes relations de travail en équipe et avec sa hiérarchie.
La première règle est d’apprendre à observer et à écouter avant d’agir, ce qui réclame tout d’abord une excellente maîtrise de soi et le développement de perceptions qui per- mettent d’aller au-delà des apparences. C’est ainsi que ce prêtre de Thot, le dieu de la connaissance chez les anciens Égyptiens, encourageait les jeunes de son époque pour pouvoir s’intégrer professionnellement dans les rouages d’une des civilisations qui encore aujourd’hui nous étonne par son savoir-vivre et son humanité.
Les Égyptiens avaient développé une institution appelée la maison de vie, pour former ce que l’on appellerait aujourd’hui ses cadres, qui d’ailleurs venaient de toutes les origines sociales, puisqu’ils cherchaient avant tout un recrutement de qualité plutôt que de favoriser certains groupes sociaux et des charges héréditaires. «Prends conseil auprès de l’ignorant comme du savant… Une parole parfaite est plus cachée que la pierre verte ; on la trouve pourtant auprès des servantes qui travaillent sur la meule» écrivait Ptah hotep.

La maison de vie n’avait pas simplement comme mission la formation intellectuelle, mais comme les préceptes de Ptah hotep l’indiquent, l’apprentissage des mystères de la vie, par un vécu quotidien qui permet le mieux vivre ensemble. Ceci explique probablement l’étonnante longévité de cette civilisation qui a survécu à plusieurs crises en étant capable de rebondir pendant des millénaires.

De nombreux chercheurs, grecs notamment, furent attirés par les enseignements des maisons de vie égyptiennes, et nous savons aujourd’hui que beaucoup de connaissances que nous ont transmis un Thalès, un Pythagore, un Platon, ont été réécrites pour la mentalité grecque d’après ces sources égyptiennes. Ainsi ils ont créé une passerelle qui s’est habillée du mot philosophie pour transmettre des mystères millénaires. C’est à ces découvertes que nous invitons nos lecteurs, pour leur inspirer d’excellentes perspectives pour votre rentrée.

Par Fernand Schwarz

Président de la Fédération Des Nouvelle Acropole

© Droits réservés à Nouvelle Acropole. Article parut dans la revue Acropolis édité par Nouvelle Acropole.
 
© Droits réservés à Nouvelle Acropole. Article parut dans la revue Acropolis édité par Nouvelle Acropole.

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